Pour une entreprise du bâtiment ou des travaux publics, le carburant consommé par les engins peut peser directement sur la trésorerie du mois. L’aide exceptionnelle destinée aux entreprises utilisant du gazole non routier (GNR) a été mise en place en mai 2026 dans le contexte de la hausse des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient. D’après l’annonce publiée par le site officiel Service-Public.fr le 9 septembre 2026, le bénéfice de la mesure est reconduit pour le mois d’août 2026.
La prolongation ne doit pas être traitée comme une simple ligne à ajouter dans un prévisionnel. Pour le président d’une SASU du BTP, l’enjeu pratique consiste à vérifier que l’entreprise entre bien dans le périmètre annoncé, à réunir les pièces utiles et à relier la demande éventuelle aux consommations réellement supportées par la société.
Ce que la prolongation change dans le suivi de la SASU
Le point confirmé par la source officielle est limité mais important : les entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics utilisant du GNR peuvent solliciter une aide exceptionnelle, et le dispositif est reconduit pour août 2026. Cette formulation ne permet pas, à elle seule, de déduire le montant attribuable à chaque entreprise, les conditions détaillées de dépôt ou le calendrier de versement.
Il vaut donc mieux séparer trois éléments dans la gestion quotidienne :
- la dépense de carburant effectivement enregistrée par la SASU ;
- l’aide potentiellement demandée au titre de la période concernée ;
- le montant finalement accordé et la date à laquelle il sera réellement encaissé.
Cette séparation évite de considérer une aide attendue comme une recette déjà disponible. Elle permet aussi de transmettre au cabinet comptable un dossier qui distingue les factures, les mouvements bancaires et les échanges administratifs.
Le tableau de suivi à préparer pour août 2026
Un tableau simple peut suffire si chaque ligne est rattachée à une pièce identifiable. Il ne remplace pas les justificatifs ni la vérification des règles applicables, mais il donne au dirigeant une vue cohérente avant toute démarche.
| Élément à suivre | Information à renseigner | Contrôle à effectuer |
|---|---|---|
| Activité | Nature de l’activité exercée par l’entreprise | Vérifier le rattachement au secteur du bâtiment ou des travaux publics |
| Carburant | GNR utilisé pendant la période concernée | Conserver les factures et distinguer les autres carburants |
| Période | Août 2026 | Rattacher chaque dépense à sa date et à la période de suivi |
| Paiement | Compte bancaire ou moyen de paiement utilisé | Retrouver l’opération sur le relevé de la SASU |
| Démarche | Date, espace ou interlocuteur utilisé | Archiver la confirmation ou l’échange disponible |
| Résultat | Demande en attente, acceptée, refusée ou à compléter | Ne pas comptabiliser une recette avant confirmation adaptée |
Les intitulés « acceptée » ou « à compléter » doivent correspondre à une preuve conservée : accusé, message, document officiel ou capture datée de l’espace concerné. Si aucune confirmation n’est encore disponible, le statut peut rester « à vérifier ».
Les pièces à réunir avant de solliciter l’aide
Le dossier doit partir des flux réellement supportés par la société, et non d’une estimation générale de la consommation. Pour préparer une revue avec le cabinet comptable, le président peut réunir :
- les factures de GNR relatives à la période d’août 2026 ;
- les relevés bancaires ou justificatifs de paiement correspondants ;
- les éléments permettant d’identifier la société et son activité ;
- les échanges ou confirmations liés à la démarche ;
- un tableau de rapprochement entre facture, paiement et statut de la demande.
Cette liste est une méthode de classement, pas une énumération officielle des pièces obligatoires. Les exigences précises doivent être vérifiées dans la source administrative à jour avant le dépôt. Une page d’information publiée en septembre 2026 peut aussi évoluer dans ses modalités pratiques : le dossier doit donc être relu avant validation.
Une anecdote pédagogique : l’aide ne doit pas gonfler le solde disponible
Imaginons une SASU de travaux publics qui constate plusieurs achats de GNR en août 2026. Le président reporte ces dépenses dans son tableau de trésorerie, puis ajoute immédiatement une ligne de recette correspondant à l’aide espérée. Le solde prévisionnel paraît alors plus confortable. Quelques jours plus tard, il doit pourtant vérifier une facture, compléter une information ou attendre la confirmation de la demande.
Dans ce scénario fictif, l’erreur ne vient pas du fait de suivre l’aide. Elle vient du rapprochement trop rapide entre une possibilité de soutien et une somme encaissée. Le tableau doit donc comporter deux colonnes distinctes : « montant attendu selon l’hypothèse de travail » et « montant confirmé ou encaissé ». Tant que la seconde n’est pas renseignée avec une preuve, la première ne doit pas servir à décider d’une dépense urgente.
Comment intégrer la mesure au prévisionnel sans la surévaluer
Le dirigeant peut inscrire les dépenses de GNR dans son prévisionnel à la date probable de paiement, puis créer une ligne séparée pour l’aide éventuelle. Cette organisation permet de comparer trois situations :
- un scénario sans aide confirmée ;
- un scénario dans lequel la demande est déposée mais le versement n’est pas encore certain ;
- un scénario dans lequel le montant et la date d’encaissement sont documentés.
La méthode rejoint la logique d’un prévisionnel de trésorerie à 90 jours : distinguer les encaissements probables, les recettes confirmées et les décaissements qui ne peuvent pas être reportés. Pour une activité avec des engins ou des chantiers, cette prudence aide à éviter qu’une aide attendue serve à financer une dépense déjà exigible.
Le contrôle final avant transmission au cabinet
Avant d’envoyer le dossier, le président peut effectuer une revue en quelques questions :
- L’entreprise exerce-t-elle bien dans le périmètre du bâtiment ou des travaux publics décrit par la source officielle ?
- Les achats suivis concernent-ils du GNR et la période d’août 2026 ?
- Chaque facture peut-elle être reliée à un paiement ou à une pièce bancaire ?
- Les dépenses de la société sont-elles séparées des achats personnels ou d’une autre activité ?
- Le statut de la demande repose-t-il sur une confirmation conservée ?
- Le prévisionnel distingue-t-il l’aide espérée de la trésorerie réellement disponible ?
La prolongation annoncée concerne le mois d’août 2026, mais elle ne dispense pas d’une vérification individuelle du dossier. Les conditions, pièces, montants et modalités doivent être relus dans la source officielle avant toute demande. En matière comptable ou fiscale, le cabinet de la SASU doit également valider le traitement retenu et le rattachement de l’aide aux comptes.
Une fois la démarche terminée, le tableau peut rester dans le dossier permanent de la période : il permettra de retrouver rapidement les factures, les paiements, les confirmations et le montant effectivement reçu.

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